Q&A – Das Interview – GOROD
Il faut réfléchir !
Le death metal technique peut être une expérience impressionnante – ou ressembler à une épreuve de mathématiques musicales au cours de laquelle on cherche désespérément sa calculatrice après seulement trois minutes. Depuis près de trois décennies, GOROD fait partie de ces rares groupes qui ne considèrent pas la virtuosité technique comme une fin en soi, mais l’utilisent pour créer des morceaux empreints de groove, d’atmosphères et d’une profondeur émotionnelle étonnante.
Sur leur huitième album, The Ember Gone, les musiciens bordelais élargissent encore davantage leur univers sonore, renouent avec l’esprit progressif de Transcendence et portent simultanément leur regard sur une réalité qui leur donne raison de manière particulièrement inquiétante. Destruction de l’environnement, mégafeux, consommation, pouvoir, démesure humaine et question de ce qui restera de nous à la fin constituent le combustible intellectuel d’un album dont le titre prend soudain une actualité presque insoutenable face aux incendies dévastateurs qui ravagent la France.
Nous avons discuté avec Benoit « Barby » Claus, bassiste de GOROD, et Julien « Nutz » Deyres, chanteur du groupe, de liberté musicale, de paysages en flammes, de Prométhée, de l’art du groove et des raisons pour lesquelles huit morceaux d’une grande complexité peuvent parfois en dire davantage qu’une étagère entière remplie de livres de philosophie.
Bonjour et tout d’abord merci beaucoup de prendre le temps de répondre à nos questions. Avant de parler de musique : comment allez-vous actuellement ? Les incendies de forêt autour de Bordeaux et dans d’autres régions de France ont pris des proportions bouleversantes. Est-ce que vous, vos familles et vos amis allez bien, et comment vivez-vous cette situation sur place ?
Barby: Bonjour! C'est vrai que la France brûle cet été, mais malheureusement nous ne sommes pas le seul pays touché par la sécheresse et les incendies, il s'agit d'un mal bien plus global.
Je te remercie de ta sollicitude, il est vrai que nous avons subi un mégafeu très proche de Bordeaux qui est aujourd'hui maîtrisé grâce au courage et à l'excellent travail des pompiers, de la sécurité civile et de la solidarité des habitants.
Nous avons eu des proches évacués mais heureusement aucun blessé. Nous avons traversé un moment très angoissant mais nous l'avons traversé ensemble et la solidarité est quelquechose de très important dans les épreuves.
Il va falloir établir un bilan de ces évènements lorsque l'été sera terminé et en tirer les conséquences à tous niveaux.
The Ember Gone aborde notamment les mégafeux et la destruction écologique – et voilà que, peu avant sa sortie, la région dont vous êtes originaires est elle-même ravagée par les flammes. Que ressent-on lorsqu’un concept artistique est soudain rattrapé par la réalité et qu’un avertissement abstrait devient presque un témoignage direct ?
Barby: Il s'agit du second mégafeu en 4 ans que notre région subit. Mais celui-ci revêtait un aspect particulier et terrifiant car pour la première fois nous avons subit littéralement des tornades de feu issues des pyrocumulus. Ces tornades avaient des mouvements totalement erratiques avec des écarts de plusieurs mètres et à côté de ça des éclairs qui lancaient de nouveau départs de feux. C'est un aperçu d'une scène apocalyptique.
Lorsque Julien s'est penché sur le concept du nouvel album, il est venu vers nous en nous expliquant que pour la première fois il avait envie d'écrire un concept d'anticipation (Julien a fait des études d'histoire et jusqu'à présent il écrivait sur des épisodes historiques ou des mythologies). Mat et moi étant fan de SF et de romans d'anticipation ne pouvions que valider cette orientation et lorsque qu'il nous a dévoilé son projet d'écrire sur les mégafeux et l'irresponsabilité écologique de l'être humain, nous avons totalement approuvé!
Par contre à aucun moment nous n'avions pensé que ce concept ne serait plus de l'anticipation mais de l'actualité lorsque l'album sortirait! C'est simplement hallucinant et pour tout dire glaçant car cela démontre que nous ne sommes plus sur des hypothèses ou des théories mais sur des faits et désormais des lourdes conséquences de choix écologiques et sociétaux absurdes.
Votre histoire a commencé en 1997 sous le nom de GORGASM, avant que vous ne deveniez GOROD en 2005. Lorsque vous regardez ces presque trois décennies, quelle est l’essence du groupe qui n’a jamais changé, et quel aspect du GOROD actuel aurait probablement semblé complètement fou aux jeunes musiciens que vous étiez à l’époque ?
Barby: Ce qui n'a jamais changé c'est notre amitié,le plaisir de jouer de la musique ensemble et notre volonté de composer une musique extrème, quelquesoit la définition que l'on donne de cet adjectif.
Ce qui nous aurait semblé fou lorsque nous avions la vingtaine c'est de réaliser tout le parcours de GOROD! Sortir uniquement des albums dont nous sommes fiers, jouer notre musique un peu partout dans le monde en se marrant entre potes, franchement c'est juste génial!
Concernant la musique il y a peut-être des choix que nous n'aurions pas compris à l'époque mais c'est totalement normal, le but de l'humain étant d'évoluer!
Vous présentez The Ember Gone comme l’album le plus singulier de votre discographie. Qu’est-ce qui définit, selon vous, son identité particulière, et y a-t-il eu pendant sa création un moment où vous avez vous-mêmes été surpris de voir à quel point vous vous étiez éloignés des langages habituels du metal extrême ?
Barby: The Ember Gone est aussi singulier que l'était Transcendence à l'époque, et nous avons poussé le concept encore plus loin puisu'il s'agit cette fois-ci d'un album.
L'idée de refaire un EP plus progressif nous est venu lors de la période du covid et les morceaux Foregiveness et Regret ont été écrits à cette période. Puis nous avons abandonné l'idée, composé The Orb, puis repris l'idée qui est finalement devenu un album à part entière, The Ember Gone!
S'éloigner du language „classique“ du metal extrême (notamment au niveau des patterns de batterie) était en soi un des buts de composition, donc non, ce n'est pas une surprise! La seule légère incertitude que nous avions était, sur la durée d'un album, de ne pas garder cette touche „GOROD Deathmetal“, mais ce doute a vite disparu, Mat a parfaitement réussi à garder notre spécificité et nos racines. Les patterns basse-batterie sont certes plus chaloupés et la voix se fait plus variée mais si tu écoutes les parties de guitare tu reconnaîtras instantanément la patte unique de Mat et GOROD.
L’album renoue clairement avec l’ouverture progressive de Transcendence. Pourquoi était-ce le bon moment pour retrouver cet esprit, et quelles portes musicales vous étaient accessibles en 2026 que vous ne distinguiez peut-être pas encore en 2011 ?
Barby: Aucune idée si c'est le bon moment! On a toujours fait les choses suivant notre inspiration dans GOROD! A la base ça devait être un EP qui devait sortir vers 2021 et finalement il prend la forme d'un album en 2026! On fonctionne comme ça, sans pression. Par contre il est clair que nous aurions été incapables de sortir un tel album en 2011!
Nous avons beaucoup évolué, tourné, developpé nos jeux personnels sur nos instruments, Mat a progressé en terme de composition et tout cela additionné nous amène au Gorod de 2026.
Une de nos ligne de conduite est de ne jamais faire deux fois le même album, The Ember Gone tout en restant du GOROD en est la preuve!
Dans ma chronique, j’ai écrit que, sur The Ember Gone, la virtuosité était un outil et non le véritable sujet. Est-ce finalement l’évolution la plus importante pour un groupe aussi techniquement accompli : ne plus avoir à prouver ce dont il est capable, mais simplement décider de ce dont chaque morceau a réellement besoin ?
Barby: Pour Mat la technicité a toujours été un outil et non une fin en soi, et ce point nous a démarqué très tôt de nombreux autres groupes de tech death (dès Leading Vision notre second album).
Certes la musique de GOROD reste très fournie et il faut y revenir plusieurs fois pour en apprécier toutes les subtilités, mais c'est également ce qui nous plaît généralement dans la musique que nous écoutons.
Quand tu es un jeune musicien tu souhaites étaler ta maîtrise instrumentale et c'est une démarche toute naturelle, à peu près tous les musiciens passent par cette phase. Le réel challenge pour un instrumentiste c'est de réussir à dépasser ce stade et intégrer ce qu'il a appris pour enrichir le morceau.
Ca m'arrive régulièrement lorsque je compose mes lignes de basse d'écrire une première ligne assez fournie puis de l'épurer pour que le morceau respire. C'est notamment vrai pour The Ember Gone où l'essentiel pour moi était de poser un groove avec la batterie pour laisser la place aux mélodies des guitares.
J’entends sur cet album le goût de l’aventure d’ATHEIST et certaines atmosphères presque en apesanteur qui évoquent CYNIC, sans que GOROD ne ressemble jamais à une copie de ces groupes. Quels artistes ont façonné à l’origine votre vision de la musique progressive et extrême, et quelles influences extérieures au metal se sont particulièrement glissées dans ce nouvel album ?
Barby: Tu tapes dans le mile avec CYNIC, notamment pour Mat qui a vraiment écouter Focus une multitude de fois!
Concernant les musiques metal Mat a été influencé par Cacophony et Marty Friedman notamment et également DEATH, CARCASS et CORONER. Mais lorsqu'il compose ce sont ces influences extèrieure au metal qui le motivent le plus. Que ce soit du funk, des fanfares, du jazz prog 70's ou des artistes plus récent comme Tigran Hamasian qu'il écoute beaucoup.
L'intégration dans ses compositions de rythmes „dansants“ de musiques africaines par exemple le passionne particulièrement. Les rythmes utilisés dans ces musiques du monde sont bien éloignées des classiques 4/4 ou 12/8 des musiques occidentales et pourtant quand tu les écoutes tu as envie de bouger!
Dans cet album nous avons réussi je pense à faire oublier la métrique pas forcément conventionnelle de nos morceaux et faire en sorte que ça groove.
Malgré toutes les constructions rythmiques complexes, le groove constitue la colonne vertébrale de l’album. Comment Karol et toi parvenez-vous à rendre cette musique physique, voire presque dansante, au lieu d’en faire une démonstration clinique de mesures impaires ?
Barby: Karol a un excellent groove naturel et adore rendre ses parties excitantes et dansantes! De part sa maîtrise technique il trouve toujours le moyen de faire tourner un riff aussi tordu soit-il de manière intéressante et naturelle! Moi je n'ai qu'à me greffer dessus, trouver une ligne qui laisse respirer les guitares et faire tourner ce groove encore et encore pour qu'on ait envie de bouger des fesses!
Signs et Devise s’enchaînent presque sans rupture et donnent l’impression d’ouvrir une porte vers l’univers de l’album. Ces deux morceaux ont-ils été conçus dès le départ comme une introduction commune, et quelle fonction occupent-ils dans sa dramaturgie ?
Barby: Il est juste que Signs est une très bonne introduction à l'univers de l'album, c'est un morceau assez facile d'accès et relativement court par rapport aux autres morceaux.
Nutz: Ces deux morceaux n’ont pas vraiment été pensé comme un diptyque au départ. C’est le hasard de la composition qui a fait les choses, mais une fois l’ensemble des morceauxécrits, cet enchaînement s’est imposé comme une évidence.
Signs est assez facile d’accès et relativement court par rapport aux autres morceaux. De plus, il s’est avéré comme un prélude idéal à la thématique récurrente de l’album : un huis clos autour d’un feu de camp pendant que la planète brûle. En s’inspirant des feux de tourbières qui couvent sous terre avant de jaillir de manière totalement imprévisible, le morceau pose ce moment où l’on admet que c’est la fin. Face à l’échec de l’humanité, il devient une célébration nihiliste dans le chaos.
Devise prend le relais de manière organique en faisant monter d’un cran la tension. La discussion autour du feu devient ouvertement vindicative : on s’y attaque aux « toutologues » et donneurs de leçons. C’est un exutoire brut pour balayer les faux discours avant d’entrer dans le vif du sujet.
Forgiveness et Regret comptent, à mes oreilles, parmi les morceaux les plus ouverts et les plus émotionnels de l’album. Le pardon et le regret y sont-ils directement liés, et représentent-ils deux réponses différentes à une même expérience humaine ?
Nutz: C’est exactement ça. Ces deux morceaux explorent deux facettes psychologiques et émotionnelles face à la même réalité dramatique. Dans Forgiveness, l’émotion passe par le prisme d’un père tiraillé par la culpabilité face à ce qu’il laisse à ses enfants. C’est un texte très intime qui exprime le regret de ne pas avoir su anticiper (« Prométhée » au sens littéral), tout en portant un paradoxe amer : la douleur d’avoir entraîné le monde dans notre chute, directement liée à l’incapacité de demander pardon pour avoir simplement cherché à vivre.
Regret, de son côté, traduit l’inertie et le déni. On se retrouve projetés au cœur de ce feu de camp (« Pour me another ») à trinquer et procrastiner pendant que le monde brûle autour. Là où Forgiveness fait face à la douleur avec gravité, Regret montre comment l’humain préfère parfois détourner le regard, dans un chaos mental qu’on a aussi cherché à retranscrire avec une structure musicale plutôt complexe et alambiquée.
Avec Crimson, Ignite et Ember, les titres semblent déjà décrire une évolution allant de la première couleur d’alerte à l’embrasement, puis aux dernières braises. Cette succession a-t-elle été pensée comme une sorte de progression musicale d’un incendie, ou ce lien n’est-il apparu qu’au cours de la création de l’album ?
Nutz: Cette progression suit le fil conducteur de notre concept sur le Pyrocène. On a pensé cette séquence comme l’origine du brasier.Crimson est une parenthèse instrumentale axée sur les guitares, avec notamment de supersolos signés par notre ami P.Y. Marani. Elle illustre musicalement cette teinte pourpre, incandescente, juste avant le basculement que l’on connaît actuellement.
Ignite, c’est l’embrasement total, le point le plus désabusé et résilient de l’album. Le progrès a tout dévoré, le mythe de Prométhée se brise et il n’y a plus aucun espoir de renaissance (« No phoenix rises from the coal »).Ember vient poser la métaphore des braises qui voyagent sur des milliers de kilomètres.
Scientifiquement, cela fait référence à la propagation des mégafeux à l’échelle mondiale, du Canada à la Sibérie puis l’Europe occidentale, mais aussi l’Indonésie, l’Amazonie... Philosophiquement, c’est l'image d’une destruction devenue globale et incontrôlable. C’est le point de non-retour qui prépare le terrain pour le morceau final.
The Ember Gone aborde la destruction de l’environnement, la société de consommation et les structures de pouvoir qui influencent jusqu’à nos décisions existentielles. Considérez-vous cet album comme une œuvre politique, comme un constat philosophique ou avant tout comme une réaction très personnelle face à un monde qui perd progressivement le contrôle des conséquences qu’il a lui-même provoquées ?
Barby: GOROD n'a jamais eu vocation à être un groupe politique dans ses textes. Par contre il y a un fil conducteur que nous n'avons jamais abandonné que ça soit lors des premiers albums avec un thème SF, ou bien aux textes ayant trait à l'histoire, aux mythologies ou aux sociétés secrètes écrits par Julien, nous avons toujours inciter l'auditeur à réfléchir sur ce qui l'entoure, sur lui-même, à ne pas accepter pour vérité tout ce qu'il entend ou lit. Si tu dis oui à tout bêtement tu ne sera pas maître de ta vie. Réfléchir est l'arme la plus puissante que nous possédons.
Plus précisément sur cet album ce sont des interrogations et réflexions personnelles qui nous ont guidées. Particulièrement le fait qu'il est extrèmement difficile d'avoir la posibilité de construire sur le long terme, de prendre des décisions réfléchies. Tout doit aller vite, les conséquences ne sont qu'un problème secondaire. Et nos dirigeants sont les premiers à être irresponsables.
La question de savoir s’il est encore souhaitable de mettre des enfants au monde dans les conditions actuelles occupe également une place dans l’album. Qu’est-ce qui vous a poussés à aborder ce sujet à la fois intime et chargé socialement, et y a-t-il finalement davantage de peur ou malgré tout encore de l’espoir derrière cette réflexion ?
Barby: Dans le groupe nous sommes deux à avoir des enfants et deux qui ne souhaitent absolument pas en avoir. C'est un sujet très personnel comme tu le soulignes, un sujet qui demande une réflexion approfondie avant de donner une réponse définitive si toutefois c'est possible.
Tout choix est acceptable à partir du moment où il est réfléchi et motivé. Personne ne détient la vérité absolue et c'est ce qui fait qu'un monde évolue, qu'une société ne stagne pas. Quand des personnes veulent imposer leurs idées à tout prix, pose-toi des questions, ces personnes s'en prendront à toi et tes proches à un moment donné.
En ce qui concerne la peur ou l'espoir, c'est un choix de vie qui a des conséquences sur ta manière de voir le monde et tes actions. En ce qui me concerne je suis quelqu'un de positif donc je garde toujours espoir!
Le mythe de Prométhée correspond de manière inquiétante à notre époque : l’être humain reçoit le feu, crée le progrès et finit par s’y brûler. Que représente ce feu sur The Ember Gone : la connaissance, la technologie, le pouvoir, l’avidité ou toutes ces choses à la fois ?
Barby: C'est un bon mélange de tous ces éléments auquel tu peux rajouter la stupidité qui serait comme un souffle de tempête attisant ce brasier!
Pour enfoncer une porte ouverte, on est capable de comprendre des mécanismes complexes de l'univers tout en se faisant la guerre pour une ressource qui te tue à petit feu en polluant. Tant d'absurdité c'est déprimant.
Remains termine l’album sur cette grande question : que restera-t-il de nous lorsque nous aurons disparu ? Avez-vous vous-mêmes une réponse, ou était-il important de laisser l’auditeur seul face à ce constat inconfortable ?
Barby: Si réponse il y a elle viendra collectivement. C'est à l'humanité de prendre conscience de la direction qu'elle prend. Il faut réfléchir, c'est le message de l'album.
Mathieu a entièrement enregistré l’album dans son propre Bud Studio, tandis que David Thiers s’est chargé du mixage et du mastering au Secret Place Studio. À quel point est-il difficile de conserver suffisamment de recul après des mois de travail sur une autoproduction, et David représentait-il finalement ce regard extérieur indispensable face à la multitude de détails musicaux ?
Barby: David est notre ingé son live. Il avait déjà mixé The Orb, nous avons naturellement fait appel à lui.
Au début du groupe c'est Mat qui mixait les albums, et à un moment donné le fait d'avoir une oreille extérieure s'est imposée. Cela permet sans doute d'éviter de se perdre dans des détails et de garder une certaine fraîcheur à la musique.
Cependant Mat est également capable d'un travail remarquable en mixage donc il n'est pas à exclure qu'il remixe pour GOROD!
Vous allez partir en tournée européenne et britannique avec ALLEGAEON et ABYSMAL DAWN. Qu’attendez-vous le plus de cette tournée, et le public devra-t-il s’échauffer physiquement avant les concerts ou une petite révision de mathématiques supérieures sera-t-elle suffisante ?
Barby: Ahah! Je rigolerais bien en voyant du public avec un livre de math entre les mains!
Malheureusement ABYSMAL DAWN ne pourra pas se joindre à la tournée. Nous allons donc avoir 3 openers: ARCANIA pour les premières dates françaises, DEFECTS pour la partie anglaise et HALYSIS après l'angleterre et qui concerneront donc les dates allemandes de la tournée. C'est un chouette package et cela devrait être un mois de septembre fort sympathique pour nous et une bonne claque pour les gens qui viendront nous voir!
Malgré le côté „avalanche de notes“ que ce package fournit, tous les groupes ont un aspect live qui rend leur musique hyper intéressante à voir autant qu'à écouter!
Le live fait et fera toujours partie intégrante de la définition de la musique de GOROD. En ce qui me concerne, je ne dis que je suis fan d'un groupe qu'à partir du moment où je les ai vu sur scène et que je me suis pris une baffe!
Pour terminer, les célèbres derniers mots vous appartiennent : qu’aimeriez-vous dire à vos fans, à nos lecteurs et à toutes celles et ceux qui écouteront The Ember Gone – si possible avant que la dernière braise ne s’éteigne définitivement ?
Barby: Merci à toi pour ces questions intéressantes et merci à tous nos fan où qu'ils soient. J'espère qu'une partie de tes lecteurs viendront nous voir lors de nos shows allemands pour découvrir ou revoir notre musique live, ça sera une bonne expèrience! Et pour évitez que la dernière braise ne s'éteigne, réfléchissez!!
The Ember Gone révèle un groupe qui, après presque trois décennies, ne reste nullement figé dans l’admiration de son propre passé. GOROD n’utilise pas sa maîtrise technique pour entasser le plus grand nombre de notes possible dans le plus petit espace disponible, mais pour poser des questions auxquelles il n’existe aucune réponse confortable. Entre liberté progressive, groove puissant et réalité devenue dangereusement proche du concept de l’album, le groupe signe une œuvre qui sollicite autant les doigts que l’esprit. S’il s’agit réellement de la dernière braise, elle brille en tout cas avec une sacrée intensité – et GOROD ne donne absolument pas l’impression de vouloir appeler les pompiers de sitôt.

